01/02/2010

Réunion du 16/01/10

Réunion du 16 janvier 2010

Au cours, de notre réunion de la Commission Nationale de la Politique de la Jeunesse qui s'est passée le week-end des 15 et 16 janvier, nous avons rencontré M. Pascal E., un aidant sexuel. Pour cette rencontre il y avait aussi Bénédicte Kail qui participe au Collectif Handicap et Sexualité.

M. Pascal E. nous a raconté sa formation. Il travaille dans les Ressources Humaines. Il était présent au colloque « Dépendances physiques : intimité et sexualité » en 2007 à Strasbourg. C’est après cet évènement qu'il a fait la formation en Suisse Romande (en 2008/2009).


Il nous décrit la formation :

Il y a une sélection à l'entrée de la formation : sur 100 dossiers on en prend 40 puis au final ou arrive à 12 candidats, 6 hommes et 6 femmes.

Pour pouvoir y participer, il faut :

- avoir + de 30 ans

-avoir une activité professionnelle en dehors car il ne s'agit pas d'en faire son unique métier

- être à l'écoute

- il faut avoir un équilibre personnel sexuel

L’association suisse romande qui organisait la formation s'appelle « Sexualité et Handicap Pluriels » voir le site http://www.sehp-suisse.ch/

Cela signifie que l'accompagnant sexuel doit connaître tous les types de handicaps, pour pouvoir aider les personnes quel que soit le handicap.

Dans cette formation il y avait des formateurs qui étaient eux-mêmes en situation de handicap, ce qui permettait de parler de leur handicap, de leurs difficultés et leurs ressentis. Il y avait des jeux de rôle pour se mettre en situation et travailler sur la communication.

La formation a duré 1 année étalée sur des week-ends + un ou deux stages.
M. Pascal E. a fait son stage dans un centre où il avait des personnes atteintes de surdi-cécité, ce sont des personnes qui sont à la fois aveugles et sourdes.

Le coût de la formation 3000 à 3500 euros.

"La pratique":

M. Pascal E. consacre à cette activité un ou deux jours par mois. Cela comprend les rencontres et aussi répondre à des mails (les bénéficiaires s’adressent à lui par l’intermédiaire de son site « sensualité et handicap ».

Cette pratique ne s’adresse qu’à des personnes majeures. IL y a toujours une première rencontre verbale, pour connaître les attentes de la personne demandeuse. Il faut prendre le temps de la comprendre. Cela s'applique encore davantage si la personne a un handicap mental (il est dans ce cas indispensable de discuter avec les parents et les éducateurs pour être sûr qu’il s’agit d’une demande claire).

La fréquence des rencontres est variable, mais le but n’est pas que ça devienne une habitude ni une relation amoureuse.

Un accompagnant sexuel peut pratiquer des massages ou donner des gestes sensuels sur toutes les parties du corps, mais c’est toujours la personne demandeuse qui décide de ce qu’elle veut recevoir. C’est une expérience qui aide la personne à connaître son corps, à découvrir ses réactions et prendre confiance en elle, pour se sentir pleinement femme ou pleinement homme. Le (ou la) bénéficiaire peut parfois apprendre à se positionner pour accéder à l’auto-érotisme, lorsque les déficiences physiques sont importantes.

L’assistance sexuelle peut aussi s’adresser aux couples qui ont besoin d’aide pour vivre une rencontre intime.

Aspect juridique en France : qu'est-ce qu'on risque à être aidant sexuel ?

- L'aidant sexuel peut avoir une amende

- Il peut être accusé de racolage (prostitution)

En France actuellement il est assimilé a des prostitués et les intermédiaires (par exemple le personnel d’un établissement) risquent théoriquement d'être accusé de proxénétisme.

En Suisse Romande les aidant sexuels sont indépendants et se font connaître par le biais d'associations.

Bénédicte Kail nous apprend que le Collectif Handicap et Sexualité (CHS), après avoir longtemps parlé de besoin sexuel pour essayer de légaliser les aidant sexuels en France, utilise maintenant le terme de liberté sexuelle. Cela veut dire que chaque citoyen(enne) en situation de handicap doit être libre d’avoir ou de ne pas avoir d’expériences de cet ordre. Donc il faut organiser cette « accessibilité au plaisir » pour ceux qui le souhaitent.

En ce moment, le CHS a des discussions avec des représentants du gouvernement pour créer une sorte d’exception légale qui autoriserait cet accompagnement sexuel, sans le confondre avec la prostitution, à condition qu’il s’adresse à des personnes en situations de handicap.

Morgane Mortelmans

Représentante à la CNPJ de la région PACA

Commentaires

merci Morgane, pour cet article qui m'interesse beaucoup...il est clair qu'il y a la une situation pas facile à gérer par les aidants tant que le cadre juridique semble aussi coércitif...
Je comprend qu'il faut plus de courage pour appeller les choses par leurs noms et lutter contre la misére sexuelle...
l'isolation, la double et triple peine qu'on inflige aux personnes en situation de handicap...

Force Majeure vous félicite pour votre engagement et je me déclare solidaire avec les gens qui comme vous veulent faire bouger les lignes...Bravo !

KARL LEMBURG

Écrit par : karl lemburg | 21/01/2011

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