09/03/2013

The Sessions

Mercredi je suis allé voir "The Sessions". Ca m'a beaucoup plus, je dirais même plus, j'ai adoré.

*Synopsis et détails

Mark fait paraître une petite annonce : "Homme, 38 ans, cherche femme pour relation amoureuse, et plus si affinités. En revanche paralysé… Amatrices de promenade sur la plage s’abstenir...". L’histoire vraie et bouleversante d’un homme que la vie a privé de tout, et de sa rencontre avec une thérapeute qui va lui permettre d’aimer, "comme tout le monde".

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De la même lignée que "Nationale 7" ou "Hasta la Vista", "The Sessions" traite d'un sujet très sérieux qui vous tire les larmes autant que les rires.

Ce film vous donnera sûrement envie d'aller aux U.S.A, pour faire comme Mark, du moins c'est mon ressenti. Il nous montre que même en étant vraiment trés trés handicapé, nous pouvons avoir des rapports sexuels comme tout le monde. Ce que je trouve super c'est que les Etats Unis sont beaucoup plus avancés que nous sur le plan des aidants sexuels. Plus qu'une méditation purement idéologique, il nous faut une véritable réflexion politique sur ce sujet qui aboutira à un véritable "accès à tout pour tous", même à l'Amour ...

*=http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193256.html

                                                                                                                          Romain  Liger                                                                

31/05/2012

Assistant sexuel : quelle sera la position de Hollande ?

Voici un article de libération du 28 mai 2012 à 19:07 . Écrit par ANNE-CLAIRE GENTHIALON

Roselyne Bachelot l’avait répété à maintes reprises. L’ancienne ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale était «rigoureusement, formellement, totalement opposée» à l’assistance sexuelle. Quid de cet épineux sujet à l’heure de l’alternance? «Avec l’arrivée de François Hollande et de son gouvernement, nous souhaitons que la question de l’assistance sexuelle des personnes en situation de handicap fasse enfin l’objet d’un débat national», explique Pascale Ribes présidente de l’association CH(S)OSE qui soutient la création de dispositifs concernant la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. «Il s’agit de sortir du seul argument assistance sexuelle égale prostitution, et de mettre tous les interlocuteurs concernés autour d’une table pour trouver une solution juridique, éthique et humaine qui permette d’apporter une réponse à celles et ceux qui, du fait de leur handicap, ne peuvent avoir accès à leur sexualité.» Interpellé pendant la campagne, le candidat socialiste n’avait pas répondu à l’association. C’est dans les pages du magazine Faire face qu’il s’était exprimé. A la question «Allez-vous autoriser la création de services d’accompagnement sexuel pour les personnes lourdement handicapées ?», François Hollande avait déclaré alors : «C’est un débat difficile. L’aspiration de chacun à une vie affective et sexuelle est légitime. Mais nous ne devons pas aboutir à une solution qui reviendrait à organiser un service de prostitution. Nous devrons mener ce débat, regarder ce qui se passe dans d’autres pays, sans préjugés.» Une réponse évasive qui laisse dans le flou aussi bien les militants pour les assistants sexuels que les opposants.

 

Source : http://www.liberation.fr/societe/2012/05/28/assistant-sex...

 

Pascal, 50 ans, assistant sexuel

Moi, Pascal, 50 ans, assistant sexuel

 

Il offre, un ou deux jours par mois, un moment de tendresse, de caresse à des personnes handicapées. Pascal, seul aidant sexuel en France, se confie

« J'ai une vie de couple riche et épanouie, une femme que j'aime, des enfants. Et c'est là, justement, que je trouve cette force de partager un peu de mon bonheur avec des personnes lourdement handicapées, en grande souffrance. » Pascal a 50 ans, un vrai métier de formateur hospitalier. Mais il est aussi, un ou deux jours par mois, assistant sexuel auprès de personnes handicapées en mal de tendresse, de caresses, d'humanité tout simplement. En , ce « travail » n'est pas autorisé par la loi, et peut même être assimilé à de la prostitution. Alors Pascal exerce discrètement cette activité « presque militante » dont il est fier. « Je suis le seul aidant sexuel certifié en France », explique celui qui a suivi, en 2008-2009, une formation à l'aide sexuelle en Suisse romande, où cette activité est tout à fait légale. Alors que se tient aujourd'hui à le premier colloque sur « Handicap et sexualité », et qu'un député , Jean-François Chossy, travaille sur un projet de loi pour légaliser les assistants sexuels, Pascal a accepté de nous expliquer pourquoi il a choisi d'aider des handicapés moteurs à réveiller une sexualité endormie, anesthésiée par des années de déni de leur corps. « Ils voient défiler des dizaines de soignants qui viennent leur prodiguer des soins d'hygiène. Alors ils ont appris à abandonner toute pudeur pour se mettre nus devant ces gens qu'ils connaissent à peine. » Pascal raconte : « Une femme de 35 ans m'a confié que, pendant des années, elle s'était comme désincarnée pour supporter ces soins. Et puis, avec moi, elle a eu envie de redécouvrir un corps qui ne soit pas juste source de souffrance, mais de plaisir .» Pascal s'est fixé certaines limites dans sa pratique. « Je ne propose pas de rapport sexuel complet, ni pénétration ni fellation. Mais j'offre des caresses pouvant aller jusqu'à l'orgasme et des corps-à-corps dans la nudité. » En revanche, il intervient auprès de femmes et d'hommes. « Je n'ai pas de limite supérieure d'âge, mais je n'accepte pas de moins de 30 ans, car la différence d'âge me gênerait. » « Il y a des personnes qui ont juste envie d'avoir quelqu'un dans les bras. Ou de voir un corps dévêtu », confie Pascal. « L'autre jour, une femme m'a dit : J'ai 54 ans et je n'ai jamais été prise dans les bras d'une personne de l'autre sexe. J'aimerais connaître ça avant de mourir… Ça m'a ému. » Pascal n'est pas rémunéré. « Je demande juste le remboursement des frais de déplacement. » Un choix qu'il a fait pour ne pas qu'on l'accuse de se prostituer, « mais je trouverais plus sain d'être payé, comme dans les autres pays ». L'intimité qu'il offre est gratuite, mais « très enrichissante. Chaque rencontre est une aventure. L'émotion est là, et on se rend compte que la beauté peut se réveiller même dans un corps blessé, meurtri, abîmé ». Kinésithérapeute et psychologue de formation, Pascal a conscience de faire quelque chose de particulier, « d'extraordinaire », dit-il. « Ce que je fais n'est pas la mission des personnels de santé. C'est important de le dire car j'entends déjà nos opposants s'insurger du fait que si on légifère sur les aidants sexuels, on va obliger les infirmières à faire ce qu'on fait. Ce n'est pas le cas. » Pour Pascal, la formation d'aidant sexuel est « essentielle ». « Elle nous apprend à savoir où on en est et où en est la personne handicapée pendant le moment d'intimité. c'est important. » En France, il n'existe pas d'association mettant en contact handicapés et ces assistants sexuels. Et pour cause : une telle association serait accusée de proxénétisme. Mais les personnes passent par des associations basées à l'étranger, comme Sexualité et handicap pluriels (SEHP), en Suisse, où Pascal a reçu sa formation. Colloque « Handicap et sexualité », dès 9 h 15 à l'Hôtel de Ville de Paris.